3ème réunion AUTOGESTION DES RÉFUGIÉS

3ÈME REUNION AUTOGESTION DES RÉFUGIÉS

Lundi 31 juillet à 18h, nous sommes allés à la rencontre des sans-papiers de Bagnolet vers la station de métro Galieni. Les sans-papiers ont élu domicile sous l'autoroute A3 en face de bel Est, vers l'avenue du Général de Gaulle à Bagnolet

Nous étions deux, Tymoti de la chapelle debout et moi même, Hadama pour le mouvement la révolution est en marche. Nous avons rencontré Bagayoko, référent de l'association créée par les sans-papiers. 

A notre arrivée les sans-papiers qui vivent dans des conditions très dures et dorment notamment à même le sol, nous ont invités à boire le thé et  à partager un repas après que nous sommes présentés. L'endroit était propre, bien entretenué, en ordre, la cuisine organisée avec le nécessaire. Ils gèrent parfaitement l'endroit et ont su créer les conditions qui montrent leur capacité à s'autogérer.

La plupart ont une activité, travaillent. Ils sont originaires pour la gande majorité du Mali. Leur objectif  affiché n'est pas un relogement précaire ou temporaire dans un gymnase. On leur a déjà maintes fois proposé ces solutions et ils les ont toujours refusées. Leur volonté est d'être régularisés. ils revendiquent en effet le fait d'être sur le sol français depuis longtemps parfois plus de 5 ans et de subvenir à leurs besoins. Sans papiers, il leur est par exemple impossible de rendre visite à leur famille que certains n'ont pas vue depuis plus de 10 ans. La régularisation pourrait être notamment la solution pour voir leurs familles restées au pays. 

Tymoti a insisté sur les vertus d'un certain communautarisme qui crée à n'en point douter les conditions d'une solidarité évidente et naturelle entre ces personnes originaires des mêmes pays. elle permet également une meilleure communication et un support psychologique évident. Ce n'est pas un obstacle à l'intégration ni à la communication avec les populations locales. C'est complémentaire. le besoin de se retrouver entre personnes partageant un passé commun, des origines communes est un comportement humain universel et nous autres citoyens français ne faisons pas différemment quand nous nous retrouvons à paris entre personnes de mêmes origines provinciales. . L

Les sans-papiers ont également évoqué le racisme dont ils se déclarent avoir été victimes dans un foyer de Bagnolet. les conditions étaient arbitrairement strictes comme par exemple l'interdiction d'utiliser les toilettes après 20H. Ils ont senti une attitude méprisante à leur égard. Au-delà parfois des problèmes de compréhension liés à la langue, ils ne sont pas dupes de tout cela. 

Hadama a  fait remarquer  que de nombreux jeunes des quartiers, issus eux-mêmes de l'immigration, ne sont pas au courant des conditions de vie des sans-papiers et de ce qu'ils doivent endurer au quotidien.  Ils ne se sentent pas concernés par cette cause, soit car ils l'ignorent, soit parce qu'ils refusent de la voir. Et puis, dans l'échelle des oubliés de la république, les jeunes des quartiers ont un sort un peu plus enviable que les sans-papiers. Cela suffit pour que certains jeunes méprisent ces laissés-pour-compte et qu'ils reproduisent les comportements d'exclusion et de racisme social dont ils sont eux-mêmes par ailleurs victimes et qu'ils dénoncent. Hadama a fait remarquer également  que certains élus ou politiques issus des quartiers ne valorisent absolument pas les personnes vivant dans les foyers, ou n'ayant pas la citoyenneté française vu qu'ils n'ont aucune valeur à leurs yeux, ne votant pas et ne représentant donc aucun enjeu électoral

La discussion était riche et ce fut une réelle rencontre vraie et sincère.  Même si personne aujourd'hui ne  peut affirmer pouvoir trouver des logements ou avoir les moyens de d'assurer des régularisations, les participants se sont mis d'accord sur la nécessité de la convergence des luttes entre réfugiés et sans papiers. ces luttes sont celles de tous les quartiers populaires.

Seul regret,  il y a un camp de Roms collé à celui des sans-papiers et nous regrettons de n'y être pas allés car  la situation semble être identique et il y a fort à perier que les problèmes sont les mêmes. 

Le camp de Bagnolet semble être le droit idéal pour débuter le projet "H24" . Pour cela il faudra avoir l'adhésion de l'association libara et en discuter le plus rapidement possible car l'hiver approche à grand pas. 

Pour tous ceux qui souhaitent participer à ce projet contacter nous sans hésiter.

LA RÉVOLUTION EST EN MARCHE 

SEUL ON VA VITE ENSEMBLE ON VA PLUS LOIN

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