Bilan de la mobilisation devant la mairie

ARTICLE DU PARISIEN 93

Une piscine pour affronter l’été… et enrayer l’ouverture sauvage des bouches à incendie. Voilà l’une des doléances d’une manifestation qui a rassemblé 150 personnes, ce mercredi soir, devant la mairie d’Aulnay-sous-Bois, pendant le conseil municipal. Objectif : réclamer la réouverture des bassins extérieurs de la piscine, fermée en 2014 après la découverte d’une fissure dans une poutre.

A l’origine de cette initiative, le collectif citoyen « la Révolution est en marche », basé à la Rose-des-Vents, qui se dit « exaspéré » par la mode estivale des ouvertures sauvages de bouches à incendie. « Contrairement aux idées reçues, 99 % des habitants déplorent ces actes, car ce gaspillage part dans nos impôts », résume Hadama Traoré, l’un des fondateurs du collectif. Qui ajoute : « On condamne ces actes, mais on cherche aussi une solution, surtout vu la canicule. En 2014, on estime qu’il aurait été possible de réparer et rouvrir la piscine, plutôt que de tout fermer en attendant le centre nautique, prévu pour… 2020 ! »

Il fait référence à un document de travail, réalisé par la ville juste après la fermeture de la piscine, suggérant trois pistes de réflexion : réparation temporaire, rénovation ou construction d’un édifice neuf. Le maire (LR) Bruno Beschizza avait choisi la troisième option et le choix du maître d’œuvre pour la nouvelle piscine pourrait être connu en septembre.

Présentes au rassemblement, une dizaine d’associations et formations politiques - dont le PCF, France insoumise, le PS et l’association Vivre mieux, ensemble (VME) - pointent aussi le fait qu’à cause de la fermeture de la piscine, la pratique de la natation est rendue compliquée à Aulnay. « C’est important car une étude indique que la moitié des enfants du 93 entrant en sixième ne sait pas nager », chiffre Hervé Suaudeau, président de VME.

De son côté, la municipalité campe sur sa position : le stade de Coursaille ne rouvrira pas avant l’inauguration du futur centre aquatique. « Ouvrir uniquement les bassins extérieurs est impossible juridiquement et techniquement », résume Philippe Palomo, directeur général des services d’Aulnay. D’un point de vue technique, l’homme explique que « le bassin extérieur n’est pas indépendant du reste, et que la machinerie étant située à l’intérieur, dans la partie sinistrée ». Autre problème : « Les vestiaires sont à l’intérieur… » Quant à la rénovation du lieu, cela « coûterait bien trop cher », eu égard, notamment, « à la remise aux normes nécessaire ».

Le rassemblement a aussi été l’occasion, pour les associations, de soulever une foule de problèmes, des violences policières à la fermeture du club canin en passant par la démolition du Galion, l’emblématique barre de la Rose-des-Vents.

Un plan de 40 M€ pour rattraper le retard

Piquer une tête en Seine-Saint-Denis est moins facile qu’ailleurs. Le département figure tout en bas d’un classement national, affichant le taux le plus bas de France rapporté en mètre carré par habitant et avec trois fois moins d’équipements que la moyenne nationale.

Pour remédier à cette situation, le conseil départemental a adopté en novembre un plan piscine départemental 2016-2021 pour 40 M€. Il prévoit la construction de cinq piscines à Aulnay-sous-Bois, Aubervilliers, Noisy-le-Sec (ou Bagnolet), Pierrefitte-sur-Seine et Saint-Denis - La Courneuve. L’opération devrait également permettre 17 opérations de rénovation (à Epinay, Villetaneuse, Stains, Saint-Denis, Saint-Ouen, Le Bourget, Aubervilliers, Pantin, Les Lilas, Bobigny, Drancy, Le Raincy, Villemomble, Neuilly-Plaisance, Sevran, Villepinte et Neuilly-sur-Marne), soit la moitié du parc existant (35 lieux au total) pour environ 10 M€.

Par ailleurs, alors que la Seine-Saint-Denis espère accueillir la piscine olympique de Paris 2024, Stéphane Troussel, le président (PS) du conseil départemental, demande que l’Etat et la région s’engagent à ses côtés afin d’amplifier cet effort. En effet, l’élu estime qu’il existe « une rupture d’égalité insupportable dans l’accès des habitants de Seine-Saint-Denis aux piscines ». S’il reçoit leur aide, il espère doubler le nombre de bassins d’ici à 2030.

S.T.

 

 

19437536 1223180207808004 6191058556567124360 n

19510188 1223180404474651 7453040052725333742 n

19429929 1223180261141332 8231114457645581764 n

19511106 1223180361141322 3378431638415827437 n

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 29/06/2017